Création

La stylistique de la musique de Marek Stachowski évoluait parallèlement au développement de la musique polonaise après 1956. Néanmoins, sa langue musicale se formait surtout en se basant sur les cours esthétiques actuels. Ses expériences et préférences acquises lors du dévelopement de son atelier de compositon ont été des facteurs déterminants dans ses choix.

Bien qu'il y ait de lisibles influences esthétiques “de l’extérieur”, le style de Stachowski garde toujours un élément d'originalité, on peut donc juger son esthétique comme très individuelle.

On peut différencier les deux périodes stylistiques principales dans les œuvres de Marek Stachowski, divisées avec une censure très claire entre 1975 et 1976. La première est une période d’avant-garde qui contient des œuvres maintenues en esthétique sonosirtique. Le compositeur s’intéressait à la problématique des sons - l'exploration des palettes de couleurs autant que possible est évident ainsi que l’élargissement de réserve des possibles effets instrumentaux. En ayant été bien influencé par la musique de Krzysztof Penderecki - son maître - Stachowski ne se limitait pas aux solutions déjà connues qui étaient en tendance; il a toujours essayé d’introduire des innovations.

Dans l'un de ses premières plus grandes œuvres vocalo-instrumentales, Neusis II (1968) - une œuvre pour choir mixte et ensemble instrumentale - le compositeur a appliqué un effet intéressant qui consiste à employer le choir comme une source des sons non-vocaux (p.e. froissement d’emballages etc.). L’assiduité en recherches de nouvelles solutions sonoristiques est visible surtout dans les œuvres pour orchestre qui viennent de cette période : Musique solennelle ou Poème sonore. Ces œuvres sont des exemples de traitement individuel des possibilités de compositions de sons qui restent en appareil symphonique élargi - un peu différent de celui de Penderecki. La sphère des sons y prend de l’importance en concernant la création du forme: le procès de la construction du cours des tensions se base sur fluctuation des timbres, pas sur assemblage des complexes (ensembles) de sons.

Dans les grandes œuvres vocalo-instrumentales il y a aussi une couche de chorale employée sonoristiquement, qui concernent des possibilités conclurées en textes (Neusis II, Śpiewy thakuryjskie). L’utilisation de la sphère coloristique comme un élément qui conduit l’évolution de la narration expose une sensibilité formale sophistiquée. L’assiduité en constructions de l’architecture des œuvres est énorme, particulièrement dans les œuvres de la musique de chambre tôtes - Musica per quartetto d’archi, Audition ou II Kwartet smyczkowy qui sont sans doute le couronnement de son travail artistique de la Ière période.

Le compositeur abandonne l’idée d’aveugler le public avec somptuosité des sons dans les œuvres mentionnés au-dessous, à la faveur d’accent sur l’évolution de la forme - la lucidité de la narration est gagnée et grâce à cela, on peut noter beaucoup plus de cohérence et de densité sur la forme.

En 1976, après avoir fini le Poème sonore, l’œuvre culminante d’étape sonoristique du procès d’évolution du style de Stachowski, la percée essentielle en son esthétique arrive. Il réévalue bien son attitude précédente en abandonnant la priorité du son. Une mélodie et une harmonie (comprise en manière traditionelle, typicale au bout de la période d’ascendance de la musique tonale) se déplacent au premier plan. L’élément le plus important est maintenant l’intervalle des lignes mélodiques - Stachowski y rétablit les idéaux de Debussy ou Ravel, en assortissant précieusement des intervalles; la tierce mineure et triton prennent de l’importance. Dans les Ptaki - une œuvre pour soprano et 4 instruments - ces intervalles jouent un rôle fondamental en construction d’une atmosphère poétique. Avec une remise générale de la hiérarchie traditionelle des composantes de la musique, la susceptibilité à usage des éléments d’idiomes néo-classicistiques ou néoromantistiques apparaît dans les œuvres de Stachowski. L’exemple le plus représentatif est Divertimento - l'œuvre virtuose écrite en 1978 pour Polska Orkiestra Kameralna, créé par Jerzy Maksymiuk. L’ouvrage destiné au petit ensemble à cordes homogène est un feu d’artifice brillant, étourdissant avec la différenciation de la facture et du mouvement. L’impression de la virtuosité est soulignée par le tissu coloristique d’orchestre à cordes. Pendant le cours audacieux de Divertimento l’aura contradictoire du divertissement du XVIIIème siècle répond, en plus, grâce à la clarté de la narration et l’excellente utilisation des possibilités des instruments à cordes frottés, une œuvre insinuant aux meilleurs traditions néo-classicistiques est écrite. En écoutant le Divertimento, on peut trouver des échos de créations de Grażyna Bacewicz (Koncert na orkiestrę smyczkową) ou Michał Spisak (Serenada). Cependant c'est juste l’un des aspects de la musique de Stachowski, un aspect dominant pendant les deux premières parties de cette pièce. On peut trouver de la clarté similaire dans les œuvres un peu plus tardives, prévues pour l’orchestres des instruments à cordes frottées - dans le Koncert wiolonczelowy composé en 1988 pour Boris Pergamenschikow et dans la Sonata per archi (1991). Ces deux ouvrages peuvent être caractérisés avec une harmonie très sophistiquée, souvent basée sur la gamme “demi-ton - ton” (contenue dans la suite des tierces mineures parallèles). L’affinité stylistique avec des tendances passées est présente dans les oeuvres prévues pour les plus grandes équipes exécutives - entre autres dans Ody safickie et le nocturne Z księgi nocy I. Il y apparaît l’inclination claire à l’aura émotionnelle impressionniste qui nous fait penser au climat sublime des créations de Ravel. Les références à la musique française n’arrivent pas comme analogies directes; c'est plutôt en écho loin de l’atmosphère impressionniste de la sensualité et de la sophisticité musicale.

En discutant de l’évolution stylistique des créations de Marek Stachowski au cours des derniers vingt ans, nous ne pouvons pas oublier le trait très important du développement de l’esthétique de compositeur: le procédé lent mais permanent de réduction des ressources des moyens techniques utilisés. La tendance de les employer au compte-gouttes augmente peu à peu, elle apparaît quand même de façon différente - celà dépend du genre. Dans la musique orchestrale elle est moins lisible et apparaît plus tard que dans les œuvres de la musique de chambre - p.e. dans le Quartetto da ingresso composé en 1980 pour le quatuor à cordes, sa présence semble plutôt évidente, alors que dans Choreia, l’ouvrage symphonique qui est écrit un an plus tard, il s’agit une création impressionnante avec la richesse des solutions et la grandeur de la narration (en particulier dans le fragment final de la deuxième partie). En comparant une autre “paire” des ouvrages écrits plus tard - p.e. III Kwartet smyczkowy (1988) et Z księgi nocy I (1990) - on rencontre des différences plus petites en ce qui concerne l’emploi des moyens artistiques - choisis précieusement et attentivement. Des œuvres plus nouvelles de Stachowski exposent un degré plus élevé de la réduction de quelques composantes d’une création musicale; le compositeur semble de plus en plus faire attention à limitation des moyens jusqu'au minimum. La clarté gagnée de cette façon contribue à l’embossement d’éléments sentimenta quoique le créateur de Choreia garde toujours de la distance émotionnelle - même dans les œuvres inspirées sans détour avec poésie. L'effet secondaire y arrive quand même: l'esthétique de Stachowski se distance des tendances contemporaines de la musique européenne, le compositeur lui-même a admis en 2001 qu'il a stylistiquement fait un pas en arrière.

En effet, ses plus récentes œuvres, par exemple Recitativo e la preghiera, Adagio ricordamente ou Trio klarnetowe sont les salutations indéniables aux traditions de la première moitié du XX siècle. C'est sans doute une décision consciente du créateur mûr qui développe constamment son “atelier” de compositeur et son idiome stylistique - c'est un pas servi au résumé de son parcours.

Dans les œuvres précoces de Stachowski on peut déjà sentir la poursuite de la hiérarchisation des moyens et la pression pour souligner le potentiel de dramaturgie. Le compositeur ne demande plus une attention excessive de la richesse des sons en faveur du façonnage de la forme lisible. Grâce à cette clarté de la narration, la cohésion et l’homogénéité de la construction formale sont gagnées. Stachowski exprimait son objectif de mettre les moyens dans l’ordre, il le faisait quand même de manière distante de la spéculation post-sérialistique, en n’essayant pas radicalement de moderniser la langue immanente du genre. En restant fidèle à son attitude, il prend la position d’un coryphée, peut-être d’un commentateur, mais il n’aspire pas au titre de représentant d’avant-garde. Cette attitude est lisible particulièrement dans ses œuvres les plus récentes - chaque ouvrage suivant est son interprétation du genre - elle est quand même toujours enracinée dans les rudiments de son esthétique et c'est pour ça que l’identité stylistique est presque inébranlable.

On sent l’équilibre des moyens artistiques et la lisibilité formale très forte en particulier dans le plan de la syntaxe - il y apparaît des références aux techniques d’imitation, à distancer avec la figure du fond et à profiter des possibilités du jeu au sein de moyen plutôt homogène. Même dans le Koncert perkusyjny on peut facilement trouver la tendance au rangement des idées et le concept de construction impérative, mais aussi un ordre divin et une vraie sérénité. Ce sont des traits caractéristiques individuels qui n'ont pas d'équivalent dans les créations d’autres compositeurs polonais.

On peut noter les créations de la musique de chambre parmi les plus importants accomplissements de Stachowski en considerant la musique européenne après 1950 et comme créations abondantes et distinctives en considerant d’autres accomplissements contemporains polonais dans ce domaine. Une autre réussite du compositeur est la création de nouveau genre dans la catégorie de la musique symphonique - une sorte de nocturne orchestrale dérivée des traditions des poèmes symphoniques mais marquée par le groupe d’attributs constitutifs individuels (le cycle Z księgi nocy, inspiré par la poésie de Rainer Maria Rilke).

Grâce à sa clarté et son équilibre excellent entre le réservoir des moyens d’atelier utilisés et l’effet final, la musique de Stachowski présente des avantages didactiques et pourrait être le “matériel” précieux d’un compositeur débutant.

La signification des vertus pédagogiques de Marek Stachowski est avérée par l’ensemble de ses élèves - des créateurs bien éduqués, avec des attitudes bel et bien différentes. Parmi les diplômés de sa classe de composition on peut compter: Kazimierz Pyzik, Marcel Chyrzyński, Wojciech Widłak, Maciej Jabłoński et Wojciech Ziemowit Zych.

 

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